vendredi 9 janvier 2026

Raymond Troye, écrivain révélé dans la tourmente de la guerre.

lundi 13 novembre 2017

Troye, Raymond -  Ghislain - Renelde

Gouy-lez-Piéton, le 2 juin 1908 - 2003

Raymond Troye (Coll. C. Van Cuter)

Raymond Troye est le fils d’Augustin, mineur et de Léa Hubbart. Il débute dans la vie active en qualité d’employé. Sa maman est française d’origine.

Raymond Troye enfant (Coll. C. Van Cauter)
Raymond Troye épousera Yvonne Montfort qui lui donna une fille. Le jeune couple s’installera au n° 488 A, rue Jean Jaurès à Montignies-sur-Sambre.
 
Raymond Troye et son épouse (Coll. C. Van Cauter)



 Appelé sous les drapeaux le 12 février 1927, il s’engage comme soldat volontaire à l’armée pour deux ans. Il est intégré au 2ème Régiment de Chasseurs à pied. Le 1er avril de la même année, il est nommé caporal et le 16 avril de l’année suivante, il est promu sergent. Il rempile pour un an en 1931 et en 1932. Il se réengage pour une période de quatre ans le 30 juin 1933. 
 
Raymond Troye - Berverloo 1934-35 (Coll. C. Van Cauter)
 Il devient adjudant par assimilation le 11 avril 1936 et sous-lieutenant le 26 décembre 1936. Quoiqu'il ne fût pas issu de l’École royale militaire, il prête serment le 4 janvier 1937. Deux ans plus tard, le 26 décembre 1939, il est nommé lieutenant.

Lors de la Seconde guerre mondiale, le lieutenant Troye fût cité à l’Ordre du Jour de l’armée. : « Commandant de Compagnie énergique, s’est signalé aux combats de la Lys par son calme, sa belle bravoure et son esprit de sacrifice : le 24 mai 1940, en dirigeant adroitement, au contact étroit de l’ennemi, le repli prescrit de son unité de la position de la Lys sur celle du canal de dérivation : le 25 mai, commandant d’une compagnie de premier échelon soumise dès l’aube à de violents tirs d’artillerie, a contenu l’attaque en front durant toute la journée et empêché le franchissement du canal dans son quartier ; débordé sur sa droite dans l’après-midi, coupé de toute communication avec son commandant de bataillon, a continué la résistance jusqu’à épuisement de ses munitions, son unité ayant livré un dur combat et subi des pertes sensibles ».

Capturé aux environs de la Lys à Deinze, il est emmené en captivité en Allemagne en tant que prisonnier de guerre. Dans un courrier adressé à son épouse, il écrit avoir perdu des effets personnels dont son carnet et ses coffres ainsi que son vélo.

Dans un premier temps, il séjourne quelques jours dans un camp de transit à Dortmund avant d’être transféré en Bavière à Eichstätt  (Oflag VII-B). Fin août 1942, il est envoyé à Fischbeck (Oflag XD) près de Hambourg. De nouveau transféré, il passe les deux dernières années du conflit à Prenzlau (Oflag II-A) dans les environs de Berlin.

Raymond Troye - Eichstätt  (Oflag VII-B) (Coll. C. Van Cuter)
Photo de groupe - Eichstätt  (Oflag VII-B) (Coll. C. Van Cuter)

Cependant, dans un courrier adressé à son épouse le 27 décembre 1940, Raymond Troye évoque une éventuelle libération pour fin janvier 41 suite aux démarches d’un prénommé André. Démarches qui, malheureusement, n’aboutiront pas.

Lors de sa captivité en oflag, Raymond Troye se lance dans l’écriture afin de vaincre l’oisiveté forcée dont il est l’objet au même titre que les autres officiers dans sa situation. La Convention de Genève interdit de faire travailler les officiers captifs.

Raymond Troye - Eichstätt  (Oflag VII-B) (Coll. C. Van Cuter)

Raymond Troye écrira quatre romans, une pièce de théâtre et un recueil de poésie. Deux de ses romans seront publiés en 1946 et 1947. Il s’agit de « Meurtre dans un oflag » écrit à Eichstätt et de « Le pharmacien de Chantenelle ».

L’intérêt du roman  « Meurtre dans un oflag » réside dans le fait que l’action se déroule dans le microcosme d’un camp de prisonniers de guerre durant la Seconde guerre mondiale et raconte au quotidien la vie des prisonniers de guerre.

L’histoire : Après une représentation théâtrale, un meurtre est commis. André Jadin a été assassiné ! 

Francen pense défaillir de joie ! Son ex-ami d’enfance, son pire ennemi est mort. Sujet à des pertes de conscience dues à un éclat de shrapnel, Francen se persuade qu’il est le meurtrier. 
Collection de l'auteur
Un de ses compagnons de captivité et policier dans le civil, Ledru décide de mener l’enquête et l’entraîne dans son sillage… L’intrigue est originale. Les preuves matérielles et les moyens manquent ! Francen est-il coupable ? Ledru le démasquera-t-il ?

Il est bon de préciser que « Meurtre dans un oflag » connut une première édition manuscrite déposée à la bibliothèque de l’Oflag II-A.

Raymond Troye écrit dans son journal à la date du 18 septembre 1943 :

"J’ai terminé « Meurtre dans un oflag ». Il ne me satisfait qu’à demi, tant par la forme que par le fond. Tout ce que nous faisons en captivité est, je crois, voué à la médiocrité. Je ne suis pas seul de cet avis. Robert Van Nuffel, qui vient de publier « Prélude » me le disait l’an dernier, quelques semaines avant notre départ d’Eichstätt. Tout nous dessert, les conditions de travail, notre état d’âme perpétuellement inquiet et jusqu’à la qualité du papier que nous employons. Selon moi l’œuvre d’art doit naître dans l’euphorie et la guerre est son plus grand ennemi".
 
Fischbeck (Oflag XD) (Coll. C. Vancauter)
Cependant, il écrira dans son journal en date du 1er juin 44 :
« Convoqué chez le général Michiels, un de nos plus hauts chefs, H. avait oublié chez lui mon roman « Meurtre dans un Oflag ». Le général l’a lu et l’a trouvé beau et intéressant. Je puis sonner à sa porte quand je veux, il m’aidera à me faire éditer. C’est pour moi un événement considérable. Le plus élevé de nos chefs s’intéresse à mon œuvre. Quel encouragement ! Il m’a reproché quelques faiblesses de style. Avec raison. Je vais tenter de m’amender. »

Deux romans de Raymond Troye seront édités en 1946 et 1947 : Meurtre dans un oflag et Le pharmacien de Chantenelle. Il a également  deux autres romans, une pièce de théâtre et un recueil de poèmes  à son actif. Ces cinq ouvrages n’ont jamais été publiés. Il s’agit de J’ai tué mon père (roman policier), L’épée d’argile (roman), Jamais deux sans trois (comédie en un acte) et Les fontaines perdues (poésies). Ils ont été aussi écrits en captivité.

Rapatrié le 9 juin 1945, Raymond Troye  obtient un congé de repos de trois mois et rejoint les siens. Pour la première fois, il peut serrer dans ses bras sa fille.

Le 1er octobre 1945, il est désigné pour le 1er Centre de Renfort et d’Instruction. Il est nommé capitaine au 26 mars 1945 (sic) par Arrêté royal du 23 juin 1947 et capitaine-commandant.

Raymond Troye et sa fille 5 mars 1949 (Coll. C. Van Cuter)

Par la suite, il donne cours à l’École royale militaire et la Direction de l’Éducation  des Forces Armées  publiera sa brochure intitulée « De la tolérance » en 1951. Cette même année, il est promu Capitaine –Commandant par Arrêté royal du 26 décembre 1951. 

Collection de l'auteur
 Le 1er juillet 1959, Raymond Troye est admis à la pension.

Quelques temps avant sa mort son petit-fils et sa petite-fille découvrent ses écrits ainsi que son journal de captivité et son courrier. Après le décès de son grand-père, Hélène Van Cauter contacte les Éditions Labor qui décident de rééditer "Meurtre dans un oflag" en 2006.

Distinctions honorifiques :

Croix de Guerre 1940 avec palme.
Médaille commémorative de la Guerre 40-45 avec 2 sabres croisés.
Médaille du P.G. avec 5 barrettes.
Chevalier de l’Ordre de la Couronne.
Chevalier de l’Ordre de Léopold.

Sources bio-bibliographiques


Sources familiales

Entretien avec sa petite-fille Catherine Van Cauter.
http://oflag.skynetblogs.be/

Sources électroniques



Sources papiers

Hermans, Willy

Petit dictionnaire des auteurs belges de littérature policière

Heuchon, Luc

Meurtre dans un oflag par  Raymond Troye :
Texte d’introduction pour la partie consacrée à Raymond Troye de l’exposition
« Prisonniers de guerre courcellois » ayant eu lieu à la Maison de la Laïcité de Courcelles du 11 au 23 mai 2009. Organisation de la Bibliothèque communale de Courcelles.


Bibliographie


De la tolérance
. – Bruxelles : [Ministère de la Défense nationale], Direction de l’Éducation des Forces
     armées, 1951
. – 32 p.
. – (La vie courante, 44)

Meurtre dans un Oflag / préf. Par Michiels
. – Bruxelles : Dessart, cop. 1946
. – 180, 4 p.

Meurtre dans un Oflag : roman
. - Loverval : Labor, 2006
. – (Espace Nord)

Le pharmacien de Chantenelle
. – Bruxelles : Ed. Atalante, 1947
. – 283 p.

De Verdraagzaamheid
. – Brussel : M.L.V., Directie Opvoeding bij de Gewapende Machten, 1951
. – 35 p.
. – (Het Dagelijks Leven, 44)


Un import liégeois, Isidore Koenig


Isidore Koenig

Isidore Koenig est né à Jemeppes-sur-Meuse le lundi 5 mars 1923. Son père était manoeuvre et sa mère ouvrière en pâtisserie.

Isidore photographié à l'occasion des 160 ans du marché de Courcelles en 1986 - Collection L. Heuchon 

Il fait son école primaire avec "... des résultats très honorables..." à Grâce-Berleur où, ses parents s'étaient fixés 6 mois après sa naissance.

Quand, il atteint l'âge de 10-12 ans, ses parents décident qu'il doit apprendre le violon. Direction la Maison du Peuple qui dispense des cours de musique. Pour le petit Isidore, c'est une torture qui le rend malade. Puis cerise sur le gâteau, vient le moment de jouer de l'instrument et acquisition de l'objet. 

Le calvaire continue jusqu'au moment où enfin, ses parents se rendent compte que leur gamin n'est pas fait pour la musique et mettent fin à l'épreuve.  

Dans une interview accordée à Anne-Laurence Delbeque  parue  dans le "Journal & Indépendance" en 1985, Isidore confiera à propos de son enfance "... lorsque j'étais gamin, je passais toutes mes vacances à la ferme, chez mes grands-parents. J'allais conduire les vaches au champ, je ramassais les œufs, je construisais des piscines dans les ruisseaux..."

Ce qui explique pourquoi Isidore se consacre pendant ses loisirs au jardinage, à la culture de la vigne, au petit élevage et à la confection de vins de fruit. Sa vigne lui procure une vingtaine de bouteilles de vin baptisée cuvée "Château d'Isy". 

Ensuite, il fréquente l’École technique provinciale de Seraing " ... plus modestement ..." A 14 ans 1/2,  Isidore commence à travailler comme gamin dans un bureau de dessin technique à l'usine sidérurgique d'Ougrée-Marihaye.

Parallèlement, il "fréquente simultanément l’École industrielle supérieure du Soir (6 ans)  péniblement au début, avec succès très honorable dans les dernières années. (terminé en 1944) et l'école de dessin industriel de dessin industriel du samedi et du dimanche à à Jemeppe (7 ans)."

A 21 ans, il quitte le bureau de dessin technique pour travailler sur le terrain afin de monter un dossier concernant les dommages de guerre occasionnés à l'usine pendant l'Occupation. Dans la foulée, il brigue la fonction de contremaître.

En 1951, Isidore vient s'installer à Courcelles pour les beaux yeux d'une courcelloise Claire Depasse rencontrée à Liège. Il épouse Claire la même année. Ils n'auront pas d'enfants. Dans un premier temps pour gagner sa vie, Isidore se lance dans l'entreprenariat[sic].  

Par la suite, Isidore est engagé en 1955 aux "Glaces de Courcelles" à Courcelles-Motte où, il devient chef de service. Il y reste jusqu'à leur fermeture en 1973 et entre aussitôt à l'Inspection de l'Emploi et du Travail en qualité de contrôleur technique à la Sécurité du Travail.

De 1958 à 1973-74, il préside l'association "Les Amis de La Glacerie" qui organise diverses festivités dans le quartier de La Motte: ducasses, événements culturels et sportifs tel que le "Rallye vélo de La Glacerie",  luttes de balle pelote, ...

En 1958, Isidore devient le président de l'éphémère A.S.B.L. "Les Amis de la Plaine des Sports de Courcelles-Glacerie". L'aménagement de cette plaine de sport par le club courcellois d'athlétisme était due à l'initiative du coureur à pied Olivier Depoplimont avec le concours d'Isidore. 

Sous son impulsion se crée en 1961  l'association "Les Pataugeurs" composée d'habitants du quartier de La Motte qui en ayant assez de l'état des rues de ce quartier leur donnent des surnoms significatifs : Quai Berdouille, Allée des nids de poules, ...

En effet, bons nombres de rues courcelloises de l'époque (1) étaient  en terre battue et non égouttées. Dans mes souvenirs, la rue Hubert Bayet était pavée et pourvue de rails de tram jusqu'au coin de la rue Basse (NDLA). Ensuite, c'était la piste...

Suite à cette action, le quartier est aménagé (2) et Isidore devient conseiller communal PS en 1964. Aux élections communales suivantes, l’Échevinat des Travaux lui échoit. Il y reste deux ans. Puis déçu, il démissionne préférant l'intervention sur le terrain à la politique.  

N.B. : c'est sous son égide que fut inaugurée en 1971 l'ancienne piscine communale de Courcelles... sans eau car, il y avait une fuite importante due à une malfaçon. Il participe  également activement à la constitution de l'A.S.B.L. "Courcelles en Montagne" pour permettre aux petits écoliers courcellois de profiter du bon air de la montagne et des sports d'hiver.

Grand fumeur, il arrête de fumer en 1975 et sur les conseils de son médecin, il s'adonne à la marche et au vélo pour revitaliser ses poumons. Ce qui lui vaudra le surnom de "Grosmollet"

En février 1977,  Isidore fonde avec deux amis , Émile Kinife et le photographe Robert Tassin (3) le club "Les Pesteleus" destiné à soutenir au niveau de l'organisation et la participation, les marches de l'A.D.E.P.S. Il sera d'ailleurs délégué régional "Sport pour Tous" de l'A.D.E.P.S.

Il organise des marches dans toute l'entité courcelloise et dans les écoles  cf la marche du 11 novembre à l'école de La Fléchère à Gouy-lez-Piéton et le jogging de la piscine de Courcelles.

Citons à titre d'exemple la 8ème édition du jogging de la piscine qui eut lieu le lundi 14 août 1989. A cette occasion, deux épreuves étaient prévues au programme. 

La première épreuve est de 10,2 km et la deuxième est de 5 km. Ils furent 130 personnes à se lancer dans la course dont 14 jeunes (catégorie 12-16 ans) et 18 athlètes féminines.

Le plus vieux participant s'appelait Henri Bastien âgé de 81 ans et qui aurait été champion de Belgique de marathon.

En 1982, Isidore se lance un nouveau défi : l'organisation du "Mérite sportif " pour l'entité de Courcelles. Mérite qu'il a lui-même reçu. 

En prolongement, Isidore écrit des articles hebdomadaires vantant les vertus du sport  dans le journal publicitaire et d'informations locales "La Petite Lanterne" sous son pseudo de "Grosmollet".

Pré-retraité à l'âge de 60 ans, cet hyper actif bien que dépourvu de toute formation littéraire, se lance dans l'écriture par le plus grand des hasards en écrivant de courts billets d'humour. Nous sommes en 1983.

C'est "Julio", un gallinacé que lui a offert une connaissance qui est à l'origine de ce passage à l'écriture. En effet, ce coq n'en fait qu'à sa tête et Isidore décide alors de lui consacrer un texte qu'il donne ensuite à lire à Maurice Gantois, éditeur du toutes-boîtes courcellois "La Petite Lanterne". Ce dernier, enthousiasmé, décide alors de le publier.

Essai réussi pour Isidore qui devant le succès recueilli, s'essaie presque chaque semaine à publier un nouveau texte sous le pseudonyme de "Vî Stoumac'". Le 25 octobre 1985, un recueil de ses textes sort des presses de l'imprimerie J.F. Petit (4) et est vendu au profit de "Courcelles en Montagne".

 

"Les billets de Vî Stoumac'" - Collection L. Heuchon

 "Vî Stoumac'" publiera son "Dernier billet"  dans "La Petite Lanterne" numéro 2309 du  08 janvier 1986 après la sortie de sa plaquette.

Passons maintenant à la phase artistique de l'ami Isidore qui est quasiment simultanée à la phase écriture. Pour ce faire, il fréquente  l'Académie des Beaux-Arts  de Charleroi. Il pratique le dessin à l'encre de chine et la peinture à l'huile.

 

Au niveau de la peinture à l'huile, il faut reconnaître que l'artiste est "chiche" (avare) quant à la quantité de "matière" employée. Ce qui nuit fortement à la qualité de l’œuvre.  

Animateur-né, Isidore organise du samedi 17 septembre au samedi 1er octobre 1983 une exposition intitulée "Connaissons-nous notre quartier ? Motte-Glacerie-Wartonlieu" au Centre culturel de La Posterie.

Catalogue expo "Connaissons-nous notre quartier ?" - © Collection L.Heuchon

L'idée bien sympathique d’ailleurs est de rassembler et de faire connaître les artistes amateurs du quartier qui peignent, qui sculptent, travaillent le textile

Dans un premier temps, Isidore demande au peintre et professeur à l'Académie des Beaux-Art de Charleroi Jean Ransy et habitant la rue Wilmus de parrainer l'événement en le rehaussant par sa participation. 

Ce dernier décline l'invitation ne voulant pas se mêler à la populace et risquer de ternir sa réputation. 

Isidore se tourne alors vers un peintre animalier reconnu et habitant rue Wartonlieu, Domenico Terrana, ancien élève de Ransy. Celui-ci accepte de bonne grâce le parrainage de l'exposition et  y participe comme exposant. A cette occasion, il accroche aux cimaises une dizaine de ses œuvres dont son imposante toile "Chasse à l'ours".

Isidore participe également à l'événement en exposant 13 de ses productions dont  la place du marché dont l'exemplaire  original fut acheté par l'A.S.B.L. "Les Amis des Bibliothèques"  qui en a fait don à la Bibliothèque communale de Courcelles.

 

Deux exemples de dessins à l'encre de chine signés I. Koenig - © Collection Luc Heuchon

En 1986, un club de spéculation boursière dénommé "Courcelles Investa" se crée à Courcelles. Les membres du club s'y adonnent à la spéculation boursière pour se divertir et notre "pesteleu" en devient le secrétaire.

S'étant rendu compte que rien n'a été fait pour fêter les 150 ans de la création du marché de Courcelles pourtant un des plus importants de la région, En 1986, le marché existe depuis 160 ans. Isidore décide de prendre les choses en main pour fêter dignement cet anniversaire et réparer l'oubli de ses 150 ans. 

Ce sera chose faite du mercredi 24 septembre 1986 au mercredi 1er octobre. Il mettra  donc sur pied l'événement aidé par un comité mis en place pour l'occasion. Ce fut un franc succès. 

Ce sont  les deux centenaires courcelloises  Mesdames Julia Bernard (103 ans)  et Marguerite de Négry (101 ans) qui inaugurent officiellement l'événement en coupant  le ruban symbolique.

 

A gauche Isidore avec à sa gauche Mme Marguerite de Négry - Collection L. Heuchon

Les maraîchers étaient en costume d'époque, divers artisans étaient là également vêtus de sarraus  et coiffés de casquettes traditionnelles.

Parmi les artisans présents, le public put voir  à l’œuvre un ébéniste utilisant un outillage d'époque, un sabotier venu de Flobecq ainsi que mon "Oncle Paul courcellois du Rock", le garnisseur Alain Richir et quelques autres.

Une animation musicale était assurée par des violistes (joueurs de viole) circulant dans les allées du marcher.

Un tram-exposition stationna devant "Le Belvédère" à la rue Général de Gaulle les 24 et 1er octobre.

En plus du service ordinaire, la S.N.C.V. (actuellement le "TEC") organisa un service régulier de vieux trams entre les Quatre chemins de Trazegnies et le Canal de la Motte d'une part et entre les Quatre chemins de Souvret et la Place du Trieu.

D'autres activités eurent lieu : concours photographique, concours colombophiles, épreuves sportives, ... réparties sur huit jours.

Revenons maintenant à l'artiste Isidore : 

L'œuvre picturale d'Isidore fera l'objet de plusieurs expositions. Il exposera notamment à la Bibliothèque communale de Courcelles ses dessins à l'encre de chine tirés de cartes postales et intitulée "Courcelles sous la plume d'Isidore". L'exposition s'étala du 6 au 27 mars 1990.

Catalogue expo 06-27/03/1990 - © Collection L. Heuchon

Isidore photographié lors du vernissage de l'expo "Courcelles sous la plume d'... et tenant mon fils dans les bras - © Collection L. Heuchon

Il reviendra exposer à la bibliothèque de Courcelles pour présenter ses dessins de charbonnages de Courcelles et d'ailleurs du 6 février au 27 février 1996.

 

Affiche en N&B annonçant l'expo consacrée aux dessins de charbonnages - © Collection L.Heuchon

En 1997, l'échevin des sports Michel Krantz lui demande de créer une équipe multi-sportive courcelloise pour participer au "Trophée commune sportive" au Sart-Tilmant à Liège. Courcelles décrochera la médaille d'argent. 

Alors qu'il préparait le 175ème anniversaire du marché de Courcelles, Isidore est décédé en août 2001.

Pour conclure cet article, il est bon d'ajouter que, malgré qu'il n'ait pas eu d'enfants, ceux-ci étaient au centre des préoccupations d'Isidore (parfois aussi appelé "Isi"). Les exemples sont multiples et ont été évoqués plus hauts.

Il était également très attaché à la cause animale. Mon ami Alain Richir m'a raconté qu'à l'occasion des 160 ans du marché de Courcelles, Isidore se mit en colère contre une personne qui voulait participer à l'événement avec son chien tirant une charrette comme cela était pratiqué à une certaine époque... L'individu vit donc sa participation rejetée.

Fin 


Notes

(1) A l'époque, Courcelles n'est pas un cas isolé en la matière.

(2) Cela signera l'arrêt de mort de la Plaine de Sport qui servira de lieu de stockage pour la pierraille devant servir d'assise aux futures rues asphaltées.

(3) Robert Tassin était photographe au Petit-Courcelles. 

(4) L'imprimerie Petit éditait "Point Lotus" une revue d'informations locales et de publicité distribuée en librairie. Le premier numéro de la revue est sorti en octobre 1989 et cessa de paraître en 1990. J'ai eu le plaisir d'y publier 3 articles biographiques concernant les écrivains patoisants Omer Bastin , Augustin Baurin et  le chanteur Marcel Claudel. 

Sources bio-bibliographiques

Conserva, Marcello

Les "Pestèleus" au pas de course à Courcelles

in " Le Journal de Charleroi & Indépendance",

152ème année, n° 189, mercredi 16/08/1989, p. 8 : ill. 

Delbeque, Anne-Laurence 

Isidor[sic] Koenig : une leçon de vie,

« Le Journal et Indépendance »,

153e année, n° 27, vendredi 01 février 1985, p. 6 : ill.

Dossier

Marché de Courcelles 1826-1986 : ses 160 ans célébrés les 24 septembre et 1er octobre 

Heuchon, Luc 

Entretiens avec Isidore Koenig et Alain Richi


Bibliographie

 

Monographie

Les billets de Vî Stoumac’ / dessins de Waljé et d'André Masquelier

. - Courcelles : Imprimerie J.‑F. Petit, 1985

. - 70 p. : ill., ; 21 cm

Articles

La Petite Lanterne

Julio n'est plus raisonnable,

60e année, n° 2195, 25 mai 1983, p. 3.

Ma Jeanne,

60e année, n° 2197, 08 juin 1983, p. 1.

Belgique-Irlande,

60e année, n° 2202, 17 août 1983, p. 3.

Il a perdu son pantalon,

60e année, n° 2208, 28 septembre 1983, p. 2.

Ma mutation sexuelle,

60e année, n° 2209 05 octobre 1983, p. 5.

Elles sont parties,

60e année, n° 2209, 12 octobre 1983, p. 3

Hommage à Françoise, Albert et Jean-Marie,

60e année, n° 2210, 19 octobre 1983, p. 2.

Inauguration d'une piscine,

60e année, n° 2212, 26 octobre 1983, p. 3.

Mon voisin, un nouveau genre d'écolo ?,

60e année, n° 2213, 02 novembre 1983, p. 2.

Match de foot de femmes,

60e année, n° 2214, 09 novembre 1983, p. 1.

Tchantches à la foire d'octobre,

60e année, n° 2215, 16 novembre 1983, p. 1.

Un anniversaire,

60e année, n° 2217, 30 novembre 1983, p. 6,ill.

Faire roue libre, 

60e année, n° 2220, 21 décembre 1983, p. 8.

Casino du Centre,.

61e année, n° 2224, 08 février 1984, p. 2, ill.

Ruisseau des Claires Fontaines,

61e année, n° 2225, 15 février 1984, p. 1.

Saint Aubin,

61e année, n° 2226, 22 février 1984, p. 1.

Mon carnaval à moi,

61e année, n° 2227, 29 février 1984, p. 3.

Le 205, un sacré numéro,

61e année, n° 2228, 07 mars 1984, p. 3.

Raclette ? fondue et sidérurgie,

61e année, n° 2229, 14 mars 1984, p. 2.

Une histoire de braguette,

61e année, n° 2230, 21 mars 1984, p. 7.

Gouy et Sint-Grigé,

61e année, n° 2231, 28 mars 1984, p. 1.

Son parrain René,

61e année, n° 2232, 04 avril 1984, p. 1.

Une brabançonne pas comme les autres,

61e année, n° 2232, 11 avril 1984, p. 2.

Œufs et nous,

61e année, n° 2233, 18 avril 1984, p. 2.

Mai,

61e année, n°.2236, 02 mai 1984, p. 3.

A zous ... a zous,

61e année, n° 2237, 09 mai 1984, p. 2.

Retour de Galles ou fair-play et S.N.C.B.,

61e année, n° 2238, 16 mai 1984, p. 2.

25 mal, un an déjà,

61e année, n° 2239, 23 mai 1984, p. 2.

P. D.,

61e année, n° 2240, 30 mai 1984, p. 2.

La retraite,

61e année, n° 2241, 06 juin 1984, p. 3.

Dans la plaine d'Heppignies,

61e année, n° 2243, 20 juin 1984, p. 3.

Le plus beau maquillage,

61e année, n° 2244, 27 Juin 1984, p. 1.

Mon violon,

61e année, n° 2245, 04 juillet 1984, p. 1.

M. S. A. 18,

61e année, n° 2246, 11 juillet 1984, p. 1.

Loufoquerie,

61e année, n° 2247, 22 Août 1984, p. 3.


1944, la Libération et les H.L.M.-H.S.,

61e année, n° 2249, 05 Septembre 1984, p. 3.

A la Mer,

61e année, n° 2252, 26 Septembre 1984, p. 2.

Adieu Roton,

61e année, n° 2254, 10 octobre 1984, p. 3, ill.

 Des sujets plein la tête,

61e année, n° 2255, 10 octobre 1984, p. 7.

Chips and dales,

61e année, n° 2257, 31 Octobre 1984, p. 1.

Les Math. en mutation,

61e année, n° 2260, 20 novembre 1984, p. 3.

Le caillou du mineur,

61e année, n° 2262, 05 décembre 1984, p. 5.

Saint Aubert,

61e année, n° 2263, 12 décembre 1984, p. 2.

Top silhouette,

61e année, n° 2264, 19 décembre 1984, p. 2.

Les boulettes de mon grand-père,

62e année, n° 2266, 23 janvier 1985, p. 5.

Code civil et cassette vidéo,

62e année, n° 2273, 06 mars 1985, p. 3.

Choucroute sans télématique,

62e année, n° 2277, 10 avril 1985, p. 3.

Vivre sur un grand pied,

62e année, n° 2279, 24 avril . 1985, p. 1.

Pets et peto manes : histoire de guerre,

62e année, n° 2286, 12 juin 1985, p. 1.

Parler aux plantes,

62e année, n° 2291, 21 août 1985, p. 4.

Les Couperons de la Saint Lambert,

62e année, n° 2293, 04 septembre 1985, p. 2.

Entr'acte,

62e année, n° 2294, 11 septembre 1985, p. 5.

Mon oncle Louis,

62e année, n° 2295, 18 Septembre 1985, p. 3.

Mon Monsieur Météo,

62e année, n° 2296, 25 septembre 1985, p. 3.

La Fléchère, frontière linguistique ?

62e année, n° 2300, 23 octobre 1985, p. 8.

A la brocante,

62e année, n° 2301, 30 octobre 1985, p. 3.

Billet sans titre,

62e année, n° 2302, 06 novembre 1985, p. 2.

Les W.C. de jadis,

62e année, n° 2303, 13 novembre 1985, p. 3.

Mon ramoudou,

62e année, n° 2304, 20 Novembre 1985, p. 8.

Courcelles et mon G.B.,

62e année, n° 2307, 11 décembre 1985, p. 2.

Madame Marguerite,

62e année, n° 2308, 18 décembre 1985, p. 11.

Dernier billet,

63e année, n° 2309, 08 janvier 1986, p. 2.




Secrétaire du club « Courcelles Investa », dont les membres pratiquent la spéculation boursière comme divertissement (créé en 1986).



La première fois où, ... j'ai rencontré l'écrivain Bruce Mayence ... et la suite...

Bruce Mayence. En février 2003, je me suis rendu avec mon jeune fils Jonathan à la Foire du "Livre Nouveau et Ancien" de Ligny en ...